Miniature-Jean-Mermoz
29-03-2022

Le légendaire pilote : Jean Mermoz.

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Jean Mermoz est né avec le siècle le 9 décembre 1901 dans le département de l’Aisne. Célèbre aviateur français, il a très tôt marqué l’histoire de l’aviation civile et fut l’emblème de l'Aéropostale plus connu sous le nom de l' « Archange de l’aéropostale».

Il fut aussi un des fondateurs du Parti social français (PSF) en 1936 avec le Colonel de La Rocque.

L’enfance de Jean Mermoz

Jean Mermoz est le fils de Jules Mermoz (1870-1940), maître d'hôtel, et de Gabrielle Gillet dite « Mangaby » (1880-1955), Chevalier de la Légion d'honneur en 1952. Ses parents se sont séparés en 1902 lorsqu’il était encore tout jeune. Il a donc passé une bonne partie de son enfance avec ses grands-parents dans un petit village des Ardennes. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate en août 1914, ses grands-parents l’emmènent avec eux dans le Cantal et il entre alors au lycée d'Aurillac. Sa mère est bloquée par l’avancée des troupes allemandes et devra attendre trois ans avant de pouvoir retrouver son fils. Il accompagne ensuite sa mère à Paris et obtient une bourse pour intègre le lycée Voltaire. S'il réussit brillamment l’écrit du baccalauréat, il sera recalé à l’oral à cause de sa grande timidité.

L’engagement de Jean Mermoz dans l'armée

En 1920, Jean Mermoz s’engage dans l’armée pour quatre ans. Il choisit l’aviation et va y découvrir sa vocation. Après des études au 4e régiment d'observation, il intègre le 34e Régiment d'aviation du Bourget et rejoint l'École Militaire d'Istres en octobre. Il y découvre une vie militaire rude, difficile et décevante et doit attendre 3 mois pour effectuer son premier vol. Il obtient son brevet de pilote et le grade de caporal en 1921, à tout juste 20 ans. 

Ne supportant pas la vie de caserne, il se porte volontaire pour rejoindre la Syrie en septembre de la même année pour participer à l'expédition des Forces Françaises. Il y passera 18 mois et aura toujours été volontaire pour des missions périlleuses. Ce qui forgera le reste de son existence.

Une période sombre

Il supporte mal la vie militaire et commence une période difficile où il vivra de petits boulots. Ce n'est qu'au bout de 6 mois que la délivrance arrive pour Mermoz, lorsqu'il rejoint en 1924 l’Aéropostale créée par Pierre Latécoère. 

Les débuts de Mermoz à l’Aéropostale

Comme tous les aviateurs, Mermoz a débutéchez Latécoère en tant que mécanicien, pour parfaire ses connaissances techniques. D’autant plus que son vol d’essai lors de son embauche relevait plus de l’acrobate que du pilote. Avec ses 600 heures de vol et sa maîtrise du pilotage, celui que l’on surnommera l’Archange,est rapidement affectéà la route Toulouse-Barcelone,aux commandes d’un Breguet XIV. Un tel trajet semble anodin de nos jours, maisla route au-dessus des Pyrénéesest était un défi constant pour les avions de l'époque. 
En 1925, ilassure la liaison Barcelone-Malaga.

Comme ses autres compagnons de l’Aéropostale, Mermoz doit souvent survoler la partie du Sahara qui longe l'Atlantique, lieu risqué. Une panne de moteur, ce qui n’était pas rare, pouvait se terminer en noyade dans l'Atlantique, l'écrasement au sol, la soif, la mort… 

En 1926, ilachemine le courrier sur la route Casablanca-Dakar.Lors de son quatrième vol, il perd de vue l’avion qui l’accompagnait, et se crashe dans une région rebelle. Il fut capturé par les Maures et libéré contre rançon.

Son amitié avec Antoine de Saint-Exupéry

En juin 1927, il rencontre un nouveau chef d’escale à Cap Juby ; Antoine de Saint Exupéry. Avoir grandi sans père et l’amour de la littérature, ne sont que quelques-uns de leurs points communs. L’amitié sera immédiate entre les deux hommes. Mermoz sera le premier lecteur de ce qui deviendra ‘Courrier Sud’, le premier vrai roman de Saint-Exupéry.

Le défi du survol de la cordillère des Andes

Dès fin 1927, il sera envoyé en Amérique du Sud pour y développer les lignes. Il y inaugurera des vols de nuit entre Rio et Buenos Aires, avec l'aide de Julien Pranville, le chef d'exploitation sur place.

Il s’attaquera ensuite à franchir un obstacle majeur : la Cordillère des Andes.

Le 15 juillet 1929, il ouvre la ligne des Andes avec Henri Guillaumet, nouvellement arrivé sur le continent. Il lui laissera la succession des vols sur la Cordillère, car il est rappelé en France pour procéder aux essais d'un nouvel appareil.

Traversée de l'Atlantique-Sud

Les 11 mai et 12 mai 1930 Jean Mermoz, accompagné du navigateur Jean Dabry et du radio Léopold Gimié, réussit la première liaison postale aérienne directe France-Amérique du Sud. Le trajet aura duré vingt-et-une heures et 3 200 km auront été parcourus.

Pleine lune à l’aller

Le gouvernement ayant interdit toute tentative de survol des océans aux appareils terrestres, c'est sur un hydravion Latécoère 28.3 que l’équipage relie d'un trait Saint-Louis à Natal au terme d'un vol de 21 heures et 10 minutes. Deux navires ont été mis sur sa route pour le guider via la radio et lui venir en aide si l’équipe a un problème. Le jour du départ n’a pas été choisi au hasard. Cette nuit-là, il y aura pleine lune ; ce qui est nécessaire pour un tel vol de nuit.

Mermoz était arrivé quelques semaines auparavant d’Argentine, pour tester l’hydravion près de Marseille. Cet appareil fût baptisé Comte de La Vaulx en hommage à Henry de La Vaulx, collègue de Mermoz en Amérique Latine, qui venait de disparaître tragiquement dans un accident d'avion. Mermoz a dû passer son brevet de pilote d’hydravion et effectuer un vol d’essai obligatoire de 3.500 km. Il a même profité de l’occasion pour battre un record du monde de distance, avec son équipage, qu’ils portent à 4.308 km en 30 heures et 25 minutes. Beau baptême pour le nouvel appareil !

Traverser l’Atlantique Sud, d’une seule traite avec cet appareil, est un vrai défi. Et Didier Daurat, patron des usines Latécoère et de l’Aéropostale, pense que Mermoz est le seul à pouvoir le relever.

Mermoz a ainsi démontré que le courrier pouvait être transporté d'un continent à l'autre par avion, alors qu'autrefois, le courrier traversant l'Atlantique Sud se faisait à l'aide de navires.

Un retour qui vire au cauchemar

Le retour fut beaucoup plus chaotique et aurait nécessité plus de 50 décollagespour des questions de vents.La 53e tentative fut la bonne, mais sera de courte durée.

 Une fuite d'huile oblige Mermoz àamerrir. Un navire viendra secourir l’équipage, mais l’hydravion ne pourra être remorqué et coulera.

Ce qui ne change rien au succès de l’opération en Atlantique sud.

La fin de l’Aéropostale

La crise de 1929 signe la fin de l’Aéropostale, qui fusionne avec plusieurs petites entreprises pour devenir Air France, le 14 octobre 1933. Mermoz en sera fortement ébranlé, même s’il est promu inspecteur général en 1935.

 Ce fut, pour lui, la fin d’une ère, ... L'économie devenait plus importante que l’aventure.

La disparition d’une idole

Jea Mermoz est fait commandeur de la Légion d'honneur en 1934. Il s’engagera en politique et deviendra vice-président du PSF (Parti Social français), parti de droite, anticommuniste et antifasciste, en 1936.

Le 7 décembre 1936,  Mermoz va traverser l’Atlantique Sud pour la 24e fois sur "La Croix du Sud", l'hydravion quadrimoteur. Après un faux départ dû à une fuite d’huile, l’appareil redécolle en emportant son équipage vers sa destinée. Le dernier message fut « Avons coupé moteur arrière droit. »

Les coordonnées du lieu,au large de Dakar, furent : 11°08 Nord, 22°40 Ouest 8. Malgré de nombreuses recherches, aucune trace de l'avion ou de son équipage n'a été retrouvée.

Légende des airs français, Mermoz fit en tout 23 vols long-courriers au-dessus de l’Atlantique sud. Il battra aussi nombre de records. 

Sa disparition fut en France une catastrophe dans tout le pays. Le 30 décembre 1936, Jean Mermoz, ainsi que l'équipage de la Croix-du-Sud, furent cités à l'Ordre de la Nation. 

Jean Mermoz est ainsi devenu une légende qui continue de faire rêver et de susciter des vocations.  


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